décembre 2009

Décembre 2009 : y'a plus qu'à...

 

Et voilà, il n'y a plus qu'à... ressortir l'anglais enfoui au fin fond de mon cerveau depuis 19 ans ! Incertain

J'envoie simplement une petite carte pour me présenter un peu, et lui annoncer de suite que je ne lui serai pas d'une grande utilité dans son combat pour prouver son innocence, par manque de temps... Bon, faut croire que quand on veut, on y arrive toujours ! Sourire Je ne sais pas si je l'aide vraiment dans sa bataille, en tout cas, je fais de mon mieux... Et bien sûr, je joins une petite photo. Il paraît que c'est important de mettre un visage sur des mots, surtout dans un monde aussi clos. Donc voilà, mission accomplie. Cette photo refera surface quelques mois plus tard, sous une autre forme... Clin d'œil

En attendant le retour de courrier, je fais quelques recherches.

- La justice américaine : j'abandonne quand j'apprends qu'on refuse catégoriquement à un condamné à mort de pratiquer les tests d'ADN qui pourraient prouver son innocence ! J'hallucine devant cette obstination incompréhensible du «plus grand pays civilisé du monde» ! Définition à revoir sérieusement...

- Les prisons américaines : ça fait vraiment peur !!! C'est inimaginable ce qui s'y passe ! La torture sous toutes ses formes y est omniprésente. Chaque prison ayant ses règles, je ne m'attarde pas plus. A quoi bon... Je suis surtout écœurée de ce que je découvre. Et pourtant, je suis du genre très rancunier... mais là, il faut vraiment avoir le cœur bien accroché !

- Le cas d'Anthony : là aussi, j'abandonne très vite pour une raison toute simple. Pourquoi récolter d'éventuels ragots alors que j'ai un lien direct avec l'intéressé ? On verra bien par la suite, pour l'instant, je vais essayer de me contenter de ce qu'il me dit. Pas question de lui faire passer un interrogatoire, ou de lui refaire un procès. Je ne suis pas là pour ça. Si relation il doit y avoir, elle sera simple et «normale».

- Les pen-pals ou «potes d'écriture». Je n'ai pas trop envie de porter ce nom que je découvre, mais il semble que ce soit le terme approprié. Beaucoup de sites mettent ainsi en relation des détenus avec des correspondants. C'est on ne peut plus spécial, dans le sens où vous pouvez choisir votre correspondant selon vos critères ! Quels peuvent être les critères poussant une personne à entrer en communication avec un détenu, parfois avec un très lourd passé ? Je ne suis pas encore certaine d'avoir trouvé une réponse... Et je commence à comprendre que je vais entrer dans un monde très, très spécial...

En tout cas, ces sites m'apprennent beaucoup de choses sur la façon de poursuivre mes courriers. Tout d'abord, rester naturelle ! Oui, nous sommes dans deux mondes différents, mais non, il n'est pas différent de moi. J'apprends avec surprise qu'il ne faut pas hésiter à parler du quotidien, de sa «petite vie». En fait, les détenus perdent peu à peu tous les repères d'une vie classique. Et ils peuvent "revivre" au travers de leur correspondant.

Il faut envoyer des couleurs, car la seule qu'ils connaissent désormais est le gris. Beaucoup perdent le souvenir des autres couleurs du monde : tout devient nuance de gris. Message bien reçu ! Bombardement de photos en vue ! Rigolant

Entre-temps, réponse bien reçue : des adresses à lui trouver afin de récolter des fonds pour sa défense ; une carte de Noël religieuse ; un résumé de ce qui s'est passé ce 2 mars 1992.

Et déjà ces mots très (trop ?) forts : «ton ami pour la vie». Je savais que ce serait le cas. On devient tout de suite une star ou un ange quand on apporte quelque chose d'extérieur dans un monde si clos. Le peu d'attention devient tout de suite un miracle ! Mais ça fait bizarre quand-même. Le plus dur restant de répondre à ça. Je n'ai pas envie de tricher. Je ne peux pas répondre sur le même ton. On ne devient pas amis en quelques lignes ! Ce n'est pas sérieux ! Et puis, je me rends vite compte que la langue anglaise est quand-même bien moins riche en mots que la française. Ami, copain... toutes sortes de nuances difficiles à trouver en anglais. Alors...

Difficile de trouver le bon ton, difficile de réaliser l'impact que cela peut avoir, difficile mais... faut bien répondre ! Seule solution : rester vraie. On verra bien... Sourire



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